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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 16:12

Petite Histoire d’ARMEAU

Le Passage d’eau

« Le moyen le plus simple pour le franchissement de la rivière était assurément le gué, qui n’est guère praticable qu’en saison sèche. Presque partout on utilisera le bac, pas cher à construire et n’entravant pas la navigation. La capacité de transbordement du bac était cependant limitée en charge et la sécurité des passagers était mal assurée » (F.Muzard, Histoire d’Yonne, 1996,Ed.Armançon).

L’hiver les rives étaient inabordables. Jusqu’alors, à Armeau, une barque servait au passage.

Une réponse de la mairie au préfet en 1816 indique que le passage d’eau existait avant 1790. Un bateau servait à faire passer la rivière aux habitants de la commune, au profit du propriétaire du bateau Le passage d’eau n’était pas affermé..

A cette époque, les activités locales imposaient l’utilisation des territoires situés sur la rive gauche de la rivière. Des journaliers traversaient pour aller travailler à St Julien du Sault, des agriculteurs allaient y cultiver leurs champs, traverser leur bétail. Des voyageurs également passaient sur l’autre rive, dans les deus sens, les seuls points de passage pendant fort longtemps furent le pont de Villeneuve sur Yonne et le pont de Joigny.

Au 1 Rue de l’Yonne (anciennement Rue du Puits des Buttes), au 16 ème siecle, un aubergiste travaillait avec la rivière à l’époque où la route était peu praticable. En 1613, l’établissement nommé « La Marmitte » a appartenu au sieur de MILY. En 1759 Joseph Benoit, aubergiste, a possédé la barque qui faisait le passage d’eau sur l’Yonne. En 1580, Etienne GARNIER y fut hôtelier. La nuit, les voyageurs attardés devaient renoncer de SJDS à regagner l’autre rive le service étant interrompu et rester sur place jusqu’au matin, sauf à rejoindre Joigny par CEZY ou rejoindre Villeneuve le Roi par des chemins peu praticables.

L’idée se fit jour de construire un pont. L’endroit de son implantation fut choisi à Villevallier, proche de SJDS et d’Armeau. La réalisation complète du projet fut effective en 1833. Ce pont, utilisable toute l’année, ayant demandé un gros investissement, et étant d’un entretien couteux, était à péage.

Malgré l’existence du pont de Villevallier, la commune a continué d’entretenir un passage sur la rivière. Elle reconnaît en Juin 1871 l’utilité incontestable pour la population de la commune de la présence d’un bac, (distance village au pont de Villevallier et droit à payer )

Elle reconnaît que le produit est trop faible pour rémunérer convenablement l’entrepreneur,. L’administration des Pet Ch. a plusieurs fois proposé de supprimer le passage. La commune décide donc d’allouer à l’entrepreneur du bac une somme forfaitaire pour l’acquisition d’une embarcation, ainsi qu’une rémunération annuelle couvrant la durée du contrat pour ce service.

A ce moment là, le pont de Villevallier servait de lien routier entre la route nationale et SJDS.

En 1879, le rachat du péage du pont de Villevallier par les communes alentours s’est posé.

Il est demandé à la commune d’Armeau de verser 1420 Frs, sur un total de 42.600 Frs (avec une subvention de l’état de 28400 Frs). L e Conseil Municipal considère :

- que ce rachat n’ offre aucun intérêt pour la commune et ses habitants, que le mode actuel de fonctionnement ne doit pas être changé.

- que la situation financière de la commune est déjà obérée par la construction de la maison d’école et de l’église, ne permet pas de faire le moindre sacrifice à ce sujet.

En 1895, suite à une nouvelle proposition de suppression du passage Le conseil reconnaît qu’il y a lieu de supprimer le passage d’eau à Armeau, mais accepte cette suppression à la condition que la commune soit autorisée à établir un batelet communal.

Un passage a donc été entretenu aux frais de la commune depuis cette date.

Une visite de contrôle du bon fonctionnement du passage et de l’entretien du matériel était effectuée chaque semestre. Le 2 Septembre 1906 Monsieur DEVALLOIS est marinier à la solde de la commune. Le passage est servi par un batelet de 8,40 m de long et de 1,40 m de large à l’intérieur au niveau du plancher, doit être garni d’une perche ferrée, de deux avirons, d’une gâche et d’une écope. Il doit en outre contenir des planches pour servir de sièges et doit toujours être vide d’eau Il est rappelé à cette occasion que le passage est interdit pendant la nuit et qu’il est donc interdit d’y monter des individus.

En 1908, la commune d’Armeau ne peut plus supporter la charge financière du projet et considère que le passage d’eau est plus utile pour le commerce de SJDS que pour la commune d’Armeau, que SJDS ne veut en aucun cas aider la commune d’Armeau à acheter le batelet nécessaire au dit passage, ni ne veut payer sa quote part pour le traitement du passeur.

Le cahier des charges qui engage à maintenir en bon état le batelet et ses accessoires et de garnir le batelet de planches, il résulte que l’exploitation du passage se fait de façon irrégulière et est de nature à compromettre la sécurité publique, l’ingénieur en chef du département de l’Yonne met en demeure la commune de se mettre en conformité avec le cahier des charges et faute pour elle de se conformer à cette mise en demeure dans un délai de 1 mois, la résiliation du bail sera prononcée.

Par une délibération du 29 Novembre 1908, la commune d’Armeau fait savoir qu’en réponse à la mise en demeure qui lui a été adressée déclare qu’elle ne peut seule supporter l’entretien du passage d’eau.

A la suite de cette réponse, il est ainsi arrêté : « le bail passé entre l’état et la commune pour l’exploitation du passage d’eau, qui devait se terminer le 31 Décembre 1912, est résilié ».

Depuis cette date n’ont traversé la rivière que des embarcations appartenant à des particuliers.

PASSEURS ENTREPRENEURS DU PASSAGE D’EAU A ARMEAU

1624 Julien POITRAT marinier à Armeau, ADY E 26/230

1633 Regnault CAGNANCE, marinier à Armeau

1782* Claude POITRAT (bail sous amodiés par Dorange de Villevallier).

1817* Sulpice POITRAT père, né en 1773

1841/1847 Sulpice POITRAT né le 03 aout 1810, a habité Rue du Puits des Buttes.

1848/1854 Sulpice POITRAT et Sulpice HUOT né en 1809, a habité Rue du Puits des Buttes, encore en activité en 1856

1871/1877 Louis DEVALLOIS père, né le 9 novembre 1828, sabotier et marinier.

Louis DEVALLOIS, né le 17 juillet 1851, subvention de 100 Frs pour achat du bateau et traitement de 25 Frs par an.

En 1874, LANGLOIS Louis Stanislas né le 8 mai 1826, a été passeur, a habité Rue du puits des Buttes, cultivateur en 1872, marié avec MOREAU Eugénie (45a en 1872) ; enfants : Léonie (1854), Eugénie et Louis ( 1862).

1878/1884 Eugène FRANCOIS, né en 1854 a habité Rue du Puits des Buttes, 250 Frs achat du bateau.

1884/1890 Eugène FRANCOIS et Odile PREVOST 250 Frs achat du bateau

1890/1896 Eugène FRANCOIS Achat du bateau 190 Frs et bénéfice annuel évalué à 50 Frs.

1897/1902 Célestin Georges DEVALLOIS (3-1-1877/1950), petit fils, traitement 125 Frs annuels a habité Rue du Portail

1903/1908 Célestin Georges DEVALLOIS traitement 125 Frs annuels.

1908/1912 Résiliation du bail en 1908 et plus aucune trace de passage.

GARDES PORT

à compléter pour dossier sur les activités de la rivière

1835 et avant non recensé.

1836/1856 Edme Jacques SIMONNET, 39 ans, né en 1797

1857 et après, non recensé.

AIDES ECLUSIER

1871/1875 BERTAULT Louis, né le 10-8-1834.

SJDS : Saint Julien du Sault.

Un dossier plus étoffé est en consultation à la bibliothèque d’Armeau, 3place de la mairie, 89500 Armeau

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